2025-12-16

Kotonoha No.2

Que sont les mots ?

De nos jours, les artistes doivent aussi savoir parler.

Je suis souvent confrontée à cette situation ces derniers temps.

Quand on me demande d’expliquer quelque chose,

j’essaie de trouver les mots qui me viennent à l’esprit,

mais ils me semblent tous si banals, et je me surprends à penser :

« Je n’arrive pas à le mettre en mots, alors je peins. »

Je me surprends à avoir des pensées étranges comme celle-ci.

Depuis l’enfance, j’ai du mal à m’exprimer avec des mots,

et j’ai toujours été frustrée que l’on ne puisse pas communiquer par télépathie.

Les émotions, comme les gouttes de pluie, naissent et reviennent sans cesse, tombent au sol, puis s’évaporent et disparaissent le lendemain ; les mots ne peuvent donc pas les exprimer.

C’est peut-être pour cela que l’on transpose ces émotions fugaces

dans la danse, le chant et la peinture.

Si c’est le cas, n’est-ce pas suffisant ?

Un jour, en lisant un essai d’un musicien,

ma façon de penser a complètement basculé.

Alors que j’écrivais simplement, calmement et sans fioritures, sur mon quotidien,

j’ai eu l’impression que la musique que j’écoutais jusque-là brillait soudainement, se teintait d’une ombre, et touchait mon cœur dans sa forme immortelle et nouvelle.

J’écris comme je peins, non pas pour compléter l’œuvre, mais pour lui donner de la profondeur.

Pour transmettre quelque chose avec la plus grande transparence possible à quelqu’un, quelque part.

Alors, je me suis dit : pourquoi pas essayer ?

Ce journal gratuit, « Kotonoha », composé d’images et de mots,

est publié environ une fois par an. Alors, même si c’est un processus lent,

j’espère faire passer mon message petit à petit.

J’espère qu’il s’envolera au loin, comme une feuille emportée par le vent.

22 mars 2023 Par une nuit de nouvelle lune

Pâtes aux palourdes et aux fleurs de colza

Ce que je mange, ce que je vois, ce que je touche et les personnes que je rencontre me nourrissent, et une graine claire germe en moi. Semer cette graine, c’est assurément le début d’une peinture. Les bonnes graines poussent en abondance et naissent quand elles le souhaitent.

Alors, aujourd’hui, au menu : pâtes aux palourdes et aux fleurs de colza !

Au sommet de la montagne

Au sommet de la montagne, j’ai rencontré un vent puissant. Tel un grand oiseau, il portait le grondement des montagnes. L’oiseau a volé vers moi et m’a traversé avec une force incroyable. Mon corps a vibré doucement, comme un instrument à vent, et des couleurs pâles sont nées.

Ce serait si bon de pouvoir peindre ainsi.

Puis-je m’asseoir près de toi un instant ?

Près des arbres, près de l’eau, près des fleurs, près du vent, près de la terre, près du ciel. J’ouvris mon carnet de croquis à proximité, comme allongée dans un champ balayé par le vent. J’espère qu’ils étaient heureux.

Nés de la Montagne

L’après-midi, le magnolia de la maison d’en face s’est éclos, fleurissant les uns après les autres. Mon plaisir du moment : savourer l’heure du thé en les contemplant par la fenêtre.

La montagne a bourgeonné. Le vert des jeunes bourgeons, le doux cri du faisan, le bleu profond de la forêt. Un vert tendre, comme la lumière et l’obscurité entrelacées. À l’instant même où la vie naît en ce monde, j’ai l’impression de porter ces couleurs.

Quand une montagne naît, bientôt elle rira.

Leurs Voix

Elles arrivent portées par le vent. Elles nous apprennent tant de choses. Elles sont en colère. Elles versent des larmes. Quand elles se réjouissent, le vent qu’elles transportent brille et gronde comme le grondement des montagnes. Leurs voix ne se font entendre que lorsqu’elles sont en harmonie. Elles ne demandent rien.

Elles restent là, silencieuses, à observer. 

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